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Gilbert Pingeon
Gilbert Pingeon

Biographies (à choix)
a) synthétique :
Gilbert Pingeon. Né en 1941 à Neuchâtel. Maturité et brevet pédagogique. En 2001, il quitte l’enseignement pour se consacrer uniquement à ses activités artistiques.
A commencé par le cabaret (il est l’auteur d’une centaine de chansons) et le théâtre (une vingtaine de pièces). A ensuite publié des nouvelles, des romans et de la poésie. Polygraphe, il s’exprime par le dessin, la peinture et l’écriture. Il partage actuellement son temps entre Auvernier (NE) et Delémont (JU).
b) caustique :
Biodégradablegraphie
Gilbert Pingeon. Vit, peint et écrit entre Auvernier et Delémont. Est né le 14 mai 1941 à Neuchâtel (Suisse), le jour même où le Neuchâtelois Maurice Bavaud fut guillotiné par les Allemands pour avoir tenté de tuer Hitler.
Chrétien, puis brechtien, puis communiste, puis maoïste groupusculisant, puis syndicaliste, puis sarcastique, n’a pas cessé d’évoluer vers un but certain : le gâtisme.
Fut gardien de football, plus soucieux de l’envol que du ballon. A longtemps hésité à faire figurer la mention « fils d’ouvrier » sur ses cartes de visite. N’a finalement jamais fait imprimer de cartes de visite.
Joue de la clarinette, de la flûte traversière, de la guitare, du sax alto (débutant). Autrefois, chantait et dessinait. Ne chante plus que sous la douche mais peint à nouveau, jouissant de la liberté que lui accorde une retraite largement anticipée.
A passé de la forme courte – la chanson – à la forme longue – le roman, avec un détour par le théâtre. S’arrêtera là. Promis.
c) bernoise :
Gilbert Pingeon est né à Neuchâtel, il y a tout juste 71 ans. Enseignant, il s’est consacré à de multiples activités telles que le sport (football), la musique (clarinette, flûte, guitare), le théâtre, la peinture et, finalement, l’écriture. Dans ce dernier domaine, il a commencé par écrire des chansons (texte et musique), puis s’est lancé dans l’écriture théâtrale (une vingtaine de pièces). « Histoires du tunnel » (L’Âge d’Homme 1982) est son premier texte édité. Il n’a depuis cessé d’écrire. Dernières parutions : « La Cavale du banquier » 2011 (L’Aire) , « Léa » 2011 (d’autre part), « T » 2012 (L’Age d’Homme)

Publications
Poésie :
« Vers le Silence », 2000, éd . d’autre part.
« Longueur d’ombre », 2003, Actes de la Société jurassienne d’émulation.
Récits poétiques
« Le Col », 2010, éd. G d’Encre
« T », 2012, L’Âge d’Homme
Nouvelles :
« Histoires du tunnel », 1982, éd. L’Âge d’Homme.
« Lunes de neige », 2001, éd. Nouvelle Revue Neuchâteloise.
« Le Rêve de Malraux » , 2004, éd. de l’Aire.
« Quand le Mur était debout » , 2004, éd. de l’Aire.
Romans :
*« Les Années bleues », 1994, éd. de l’Aire.
*« Leçon d’oubli », 1998, éd. de l’Aire.
*« Le Saut de l’ange », 2000, éd. de l’Aire.
Trilogie ***« Les Années bleues », 2005, réédition en coffret poche Aire Bleue.
« Été 76 », 1995, éd. de l’Aire.
« Le Peintre B. », 2006, éd. de l’Aire.
« Sous l’aile de la Petacci », 2006, éd. G d’Encre
« L’Aventurier », 2008, éd. de l’Aire
« Bête que je suis », 2009, éd. de L’Aire
« La Cavale du banquier », 2011, éd. de L’Aire
« Léa », 2011, éd. d’autre part (+ AACL)
« Sophie Bonheur », 2013, éd. de L’Aire
Journal :
« Un Homme sous influence » (Journal 2009), 2010, éd. de l’Aire
« L’Année du lapin » (Journal 2011), 2013, éd. de L’Aire
Théâtre :
« Les Crapauds », Orestie 1991, collection Théâtre suisse, éd. de l’Aire.


Collection Société Suisse des Auteurs :
« L’Homme de plâtre », « Ça déménage ! », « Jamais le déluge ! », « Non-Retour », « 3 Monologues », « Trois femmes », « L’Oranger », « Hors-Jeu », « Classe T », « Val d’Amour », « L’Insubmersible 2 », « L’Autruche ou Le Propre de l’homme », « Les Parents pauvres », « Mini-pièces ».

Texte et musique :
Adaptation de « Au Cœur des ténèbres », monologue, musique de Martin Pring, (2004 et 2011)
« West Pomme Story », opéra burlesque, (2007), musique de Guy Bovet
« Kijé », monologue d’après Tynianov, musique de Prokoviev, (2007)
« Le Col », extraits mis en musique par Martin Pring (2012)

Radio :
(SSR, Espaces Imaginaires)
« Fourmis rouges » (1983), « Titus » (1984), « Mère ! » (1985), « Presqu’ils » (1986), « La Réception » (1987 et 1995), « ALEA » (1988), « Jamais le déluge ! » (1990), « Non-Retour » (1992), « L’Autre bout de la ville » (1993).

Peinture/Dessin

Expositions
« Dessins » à la Galerie du Pommier (Centre culturel neuchâtelois), 1981
Exposition collective, Galerie « Courant d’Art », Chevenez, 2003
Expositions personnelles :
Galerie « 2016 », Hauterive, juin 2004, (« Corps et Signes »)
Galerie du Soleil, Saignelégier, janvier-février 2005, (« 50 Improvisations Jazz »)
Galerie du Passage, Moutier, septembre 2006 (« Masques et visages »)
Galerie Schmu_Ku_Ku, Zoug, nov-déc 2007 (« Engel unter uns / Des anges parmi nous »
Serres de Cernier, « Improvisations jazz », 2008
Galerie du Faucon, La Neuveville, « Des anges parmi nous », 2010.


Contact et réseaux sociaux :


 

Gilbert Pingeon - ZUT

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« Quand un homme s’est mis en alexandrins, il a beaucoup de peine à rentrer dans le civil » observait Henri Michaux.

Après Bref, l’auteur s’est littéralement trouvé à l’aise en tenue courte. Il renouvelle l’expérience avec Zut : cent quatre microfictions qui raviront les amateurs de rêveries éveillées sur fond de chaise longue.

Un petit échantillon : « Il ne s’agit pas que d’une métaphore : un livre s’ouvre réellement comme une porte ».

Gilbert Pingeon - Les Insignifiants

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Les Insignifiants est un livre qui s’interroge sur notre époque avec drôlerie et férocité. Comment rendre compte du fait que nous vivons sous l’emprise du Rien ? Et si nous écoutions, à ce propos, la parole d’Insignifiant Premier ? « On me reprochera sans doute, à juste titre, le grand écart qui sépare la rigueur critique, voire caustique, que je porte sur l’époque contemporaine. On me fera remarquer la faiblesse insigne – ô combien regrettable ! – de mon impact réel sur le cours des choses. – Roi de pacotille, trônant au cœur de l’Empire du Rien, je règne sur l’illusion d’un monde réel. Car c’est l’irréalité sans cesse croissante du monde actuel qui m’a logiquement assis sur ce trône carnavalesque.
– De là-haut, je vous invite à partager mon royal point de vue. »

Gilbert Pingeon - Bref

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« Les tigres myopes ne font plus que de petits bonds » constatait Henri Michaux.
Dans un même effort de lucidité, le romancier essoufflé a décidé de procéder par petits sauts narratifs. BREF en offre plus d’une centaine au lecteur pressé, à consommer dans le train ou entre deux envies.
Un échantillon particulièrement bref : « Qu’est-ce qui confère toute sa valeur à la visite de la mouche ? C’est qu’elle vole librement entre les barreaux ».

Gilbert Pingeon vit, peint et écrit entre Auvernier, Delémont et Saint-Mandrier-sur-Mer. BREF est son vingt-cinquième ouvrage publié, le quinzième aux éditions de l’Aire, sans compter la réédition en Aire bleue de la trilogie « Les Années bleues ».

Gilbert Pingeon - La Chanson de Roland

Ce roman initiatique a une double et périlleuse ambition : faire rire le lecteur et s’adresser aux adolescents aussi bien qu’aux adultes. A lire donc de 14 à 114 ans. Mais pourquoi La Chanson de Roland ?
Choisir un titre pareil, c’est passablement gonflé, non ? Oui, ça l’est. Mais on doit s’attendre à tout avec un auteur comme Roland Godiaux qui a, précisément, quinze ans. A cet âge-là, on croit pouvoir tout se permettre. Par exemple de transformer une existence cahotique dans une famille modeste – Papa est manutentionnaire – en fabuleuse épopée. Car pour Roland, c’est cela le rôle de la littérature : s’envoler hors du réel.
Nous partageons pleinement son point de vue.

Gilbert Pingeon est né en 1941 à Neuchâtel. Il vit, peint et écrit entre Auvernier et Delémont. Il a commencé par écrire des chansons et du théâtre, puis des nouvelles, des romans, deux tomes d’un Journal et de la poésie. Il a notamment publié aux éditions de L’Aire, de L’Age d’Homme, d’autre part, Infolio et G d’Encre. La Chanson de Roland est son vingt-quatrième livre.

Gilbert Pingeon - L'intruse

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« C’est souvent la petite mélodie qui déclenche l’émotion, la petite musique de nuit des étoiles ou l’aubade d’un merle à l’aube d’un nouveau printemps. Nul besoin de recourir aux cuivres et aux flonflons, de donner du tonnerre et de la percussion. La mort n’est pas tonitruante. Elle progresse note après note en fredonnant, à peine un souffle entre les dents, une modulation de l’air, une brise légère.
Et, comme une mélodie de Schubert qui, l’air de rien, aérienne, papillonnante, vole dans votre mémoire, elle vous déchire le coeur. »

Gilbert Pingeon - Sophie Bonheur

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... Sous la ligne de flottaison, l’air surchauffé, ajouté aux mouvements de la coque, rend l’assoupissement aléatoire. Un coup de roulis vous expédie au plancher d’une simple pichenette. Il faut s’attacher, comme une vieille dame impotente à son fauteuil roulant.
L’eau fonctionne comme une nourrice. On est hébété de tangage, soûlé de remue-ménage, dans ce berceau géant qu’une mère un peu folle agite en tous sens, jour et nuit, susurrant une berceuse obstinée de vent et de clapotis.
Ce cahier que j’écris constitue la boîte noire de ma minuscule catastrophe ...

Gilbert Pingeon - T

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A chaque baptême sa catastrophe annoncée.
A l’orée du vingtième siècle, le naufrage du Titanic offrit à l’humanité une lumineuse leçon d’avenir, leçon qu’elle ne sut ni entendre ni retenir. De la même manière, avec un semblable aveuglement technologique et idéologique, le choc du Nine Eleven a ébranlé les nouvelles certitudes d’une vingt et unième croisière sur l’océan du Temps.

En avril 2012, on célèbre le centenaire de ce naufrage prophétique. Que l’on ait affaire à des icebergs fanatisés ou à des assassins de glace, l’impossible peut toujours avoir lieu… Ce livre, qui échappe à tout radar catégorique, fonce avec bravoure à travers ce siècle écoulé.

Gilbert Pingeon est né en 1941 à Neuchâtel. Il vit, peint et écrit entre Auvernier et Delémont. Il a notamment publié aux éditions L’Age d’Homme, de l’Aire, d’autre part et
G d’Encre. T est son dix-huitième livre.

Gilbert Pingeon - Léa

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Pour utiliser le langage cinématographique, on peut dire que Léa est une sorte de «remake» de Adolphe. Benjamin Constant y fait même une brève apparition, en «guest star». Mais Léa n'est pas Ellénore. Pas question pour elle d'abandonner ses enfants ni de se laisser entraîner dans une passion dévorante...

Gilbert Pingeon - La Cavale du banquier

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Normalement – si l’on suppose que la Normalité réside quelque part dans le Ciel et qu’elle dicte sa loi aux hommes et aux femmes de bonne et de mauvaise volonté sur la Terre -, le véritable coupable de cette histoire devrait être en train de méditer sur la gravité de ses actes derrière les barreaux d’une prison. Toutefois – et c’est par là que l’Anormalité révèle sa toute-puissance -, c’est dans son luxueux bureau de la City Bank et du haut de sa fonction prestigieuse de Directeur adjoint, tous deux obligeamment restitués avec force courbettes et congratulations, que notre banquier revenu de sa surprenante cavale aura l’occasion de réfléchir à ses actes. En homme qu’on ne fourre pas en cellule comme un vulgaire voleur de poules. Fût-il un assassin.

Gilbert Pingeon - Le Col

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"«Nous avons là un texte exceptionnel, dans tous les sens du mot : il ne ressemble à rien, peut-être rappelle certains grands textes, Lautréamont ou Artaud, mais en tous les cas c'est un ovni dans la littérature romande ; il efface, mélange les genres, poème, narration, tout se pénètre en une somptueuse orgie d'écriture panique - cette dernière plus pour le lecteur époustouflé que pour l'auteur qui maîtrise constamment son oeuvre. (...)»."

Gilbert Pingeon - Un homme sous influence

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Lorsqu’on tient ce genre de chronique, cette sorte de journal non pas intime mais just in time, on est porté à espérer que chaque journée offrira le fruit d’une idée, la fleur d’une anecdote ou le simple brin d’herbe d’un rêve trahi par le retour du jour et la nécessité des mots. On engrange, on fait son beurre et son foin. On a l’impression que la réalité n’attend que cela : vous fournir tout rôti le menu du jour. Qu’il ne suffira plus au diariste qu’à s’attabler à son bureau, le soir venu, ou le matin, l’esprit encore frais, à en noter les composantes – entrée en bouche, thème principal et dessert en forme de chute – quasi sous dictée.
Dès lors, on passe ses journées – et ses nuits en cas d’insomnie – à guetter le fait, l’idée, la conversation à la table d’à côté, et jusqu’aux jérémiades de tante Pauline soudains pleines d’enseignements, tous les infimes rouages de la quotidienneté susceptibles d’alimenter votre machine à écrire mentale. Tout cela, passé à la moulinette, filtré, formaté, vient se déposer sur la page blanche ou l’écran bleuté. Au besoin, on inventera, on stimulera, on provoquera la confidence ou la rencontre, au risque de tuer dans l’?uf la spontanéité propre à l’exercice. Or – on le savait dès le début – les choses ne se passent pas ainsi...

Gilbert Pingeon - Bête que je suis

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Récit philosophique d’une belle inspiration dans lequel l’auteur tente un retour aux sources en dialoguant avec des animaux qui nous sont familiers : la grenouille, l’éléphant, le chien, l’âne… Grâce à une langue épurée et à sa verve de dialoguiste, Gilbert Pingeon sait tenir ses lecteurs en haleine. Évidemment, on pense à Colette qui fit des merveilles dans le genre, mais Gilbert Pingeon y apporte une connaissance philosophique très spécifique qui oblige le lecteur à se dépouiller, à faire une mue pour découvrir le mystère de ses origines. « Quelle sorte d’animal suis-je ? J’ai cherché la réponse dans ma propre vie. Comme cela ne suffisait pas, je me suis plongé dans les livres. Au terme d’une série de lectures qui menaçait de me paralyser définitivement, je me suis dit : « Stop ! Tu vas te noyer dans cet océan de connaissances toujours relatives, sans cesse remises en question ! Regarde autour de toi ! Les animaux t’offrent le reflet de ta part animale. A toi de la reconnaître ! »Mais la plupart du temps, je n’acceptais de ce miroir que l’image de ma projection humaine. Il devenait urgent de réagir – j’ai failli écrire : de rugir. Animal que je suis, animal je dois m’assumer tel. D’où ce petit traité de sauvagerie apprivoisée, amorcé mentalement dans l’élan de mes vagabondages en forêt. Ce n’est ni un roman, ni un essai, ni quoi que ce soit de catalogué. J’envisage de le ranger dans le tiroir étiqueté Sautes d’humeur. » G.P.

Gilbert Pingeon - L'Aventurier

En un temps où la rapidité s’érige en valeur absolue, ce récit à contre-courant rend hommage à la lenteur, voire à l’immobilité. Le sous-titre, « Journal de bord », prévient d’emblée le lecteur : le ton oscillera sans cesse entre le tragique et le grotesque. Le héros de l’Aventurier, Robert Choupart, est un petit cousin moderne de Job, tout aussi vociférant, pathétique et soumis aux caprices du destin que son illustre ancêtre. Du haut de son fumier – son lit en l’occurrence -, il maudit ce qu’il adore : le Créateur et l’ensemble de sa création, tous deux inaccessibles par sa propre faute. Parviendra-t-il un jour à atteindre son objectif, cette Porte de lumière qui, une fois franchie, le rendra à la société des hommes ? Ses efforts – et ses ruses – ont quelque chose d’émouvant. Le lecteur est invité à en rire. Jaune évidemment.

Gilbert Pingeon est né en 1941 à Neuchâtel. Maturité et brevet pédagogique. Il quitte l’enseignement en 2001 pour se consacrer à l’écriture et à la peinture. Est entré en littérature par la porte du cabaret (une centaine de chansons) puis du théâtre (une vingtaine de pièces). A publié des nouvelles, des romans et de la poésie. Partage actuellement son temps entre Delémont (JU) et Auvernier (NE).

Gilbert Pingeon - Le Peintre B.

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Décapant. C’est le maître mot qui se dégage de la lecture de ce récit. En effet, l’essai romanesque « Le peintre B. » est un pamphlet. Pendant de longs chapitres, le lecteur, dans la mesure où il se considère comme faisant partie du monde de l’art, en prend littéralement plein la gueule. Ils sont minables, tous autant qu’ils sont : les négriers galeristes, les critiques presbytes, les suceurs de moelle substantifiquement étatisée, les opportunistes déboussolés, les analphabètes pontificaux et autres brasseurs de fiel. Gilbert Pingeon leur (nous) trouve une cinquantaine de qualificatifs, une véritable anthologie fleurie, inédite dans sa richesse, après laquelle il ne reste rien. On se croirait dans «Maîtres anciens» de Thomas Bernhard. Mais l’artiste lui non plus n’est pas épargné. Après l’évocation de la naissance du peintre B., on a envie de s’exclamer : oui, la vie est une belle merde ! Et la manière de laquelle son entourage va le caractériser par la suite (artiste maudit, bouffeur de vache enragée…) n’augure pas d’un bel avenir. Pourtant, cet écrit est un manifeste sur la nécessité de créer. L’artiste, le vrai – et le peintre B. est un artiste vrai, authentique, indépendant – se battra contre le monde entier s’il le faut pour produire cette œuvre essentielle que Gilbert Pingeon brandit en valeur absolue : l’œuvre réalisée par nécessité intérieure ! Selon lui, l’art est la seule manifestation cohérente de la pensée humaine : Il n’est spécifiquement ni religieux, ni symbolique, ni fonctionnel, ni philosophique, ni rien d’autre que ce qu’il est : une modification de la matière par la conscience ou, si l’on préfère, l’intrusion de l’idée de mort dans l’inconscience de la matière.

Gilbert Pingeon - Sous l'aile de la Petacci

« Il faut prévoir. Etre prêt ! » affirme papa en séparant la pelure de sa rondelle de saucisson avec le couteau et la fourchette – moi j’utilise les doigts. « Prêt à quoi ? » demande maman qui dépose une portion des haricots séchés. Qui ont trempé toute la nuit avant d’être cuits. Mes préférés. Ils sentent le foin. J’avale le parfum de la campagne. En comparaison, les haricots frais n’ont aucun goût de paysage. « Prêt au pire !» dit gravement papa, qui ajoute à mon attention :
Aurélie, tiens ton couteau comme il faut, tu vas te couper !
Tu veux parler de ton père ? dit maman.
Oui.

Gilbert Pingeon. Vit, peint et écrit entre Auvernier et Delémont. Est né le 14 mai 1941 à Neuchâtel (Suisse), le jour même où le Neuchâtelois Maurice Bavaud fut guillotiné par les Allemands pour avoir tenté de tuer Hitler. Chrétien, puis brechtien, puis communiste, puis maoïste groupusculisant, puis syndicaliste, puis sarcastique, n'a pas cessé d'évoluer vers un but certain : le gâtisme. Fut gardien de football, plus soucieux de l'envol que du ballon. A longtemps hésité à faire figurer la mention «fils d'ouvrier» sur ses cartes de visite. N'a finalement jamais fait imprimer de cartes de visite. Joue de la clarinette, de la flûte traversière, de la guitare, du sax alto (débutant). Autrefois, chantait et dessinait. Ne chante plus que sous la douche mais peint à nouveau, jouissant de la liberté que lui accorde une retraite largement anticipée.
A passé de la forme courte - la chanson - à la forme longue - le roman, en passant par le théâtre. S'arrêtera là.

Gilbert Pingeon - Quand le mur était debout

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Un livre militant et déconcertant qui a la saveur des nuits interminables où l’on refait le monde, où entre deux whiskies on rit à gorge déployée pour ne plus entendre la plainte des damnés de la terre. « J’aime les idées. Elles sont ma véritable famille, avec les livres, avec les arbres. On ne peut rien leur reprocher. Elles sont bonnes à manger. Elles saignent sous la gencive. Elles coupent l’illusion de leur éclat de vitre brisée. Elles prennent leurs virages en épingle à cheveux. Elles boxent le cerveau à coups d’uppercuts. Elles le mettent K.-O. au tapis ou dans les cordes. Elles sont comptées à dix sous narcotique. Elles traînent par le licou le troupeau des ânes. Elles vous serrent la corde sur le col. Elles ne vous lâchent que pendu. Elles se tartinent des fards du passé. Elles jouent aux effrontées, aux sales gamines des rues. Elles aiment être violées. Les vieilles idées sont belles comme le bois bronzé des façades. Les jeunes idées bégaient les recommencements. Elles se targuent de brouiller les pistes. Elles ont perdu le nord et le sens de la marche. Elles sont mouillées derrière les oreilles. On les fesse, on les torche, on leur fait risette. »

Gilbert Pingeon - Le Rêve de Malraux

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En huit nouvelles, l’auteur esquisse le portrait d’une Suisse partagée entre sa tradition rurale et sa volonté d’insertion dans le monde contemporain. Tour à tour cocasse, ironique, poétique ou franchement satirique, ces huit récits tracent en creux une image contrastée de la Neutralie. Car ce petit pays présente tous les symptômes d’une schizophrénie collective : le rejet de l’Autre (L’Italienne) et son attirance sous couvert d’aide humanitaire (Leïla), la hantise du désordre (Tout le monde descend !) et des mauvaises mœurs (L’Homme de plâtre), une tendance récurrente à l’autoflagellation (L’Indic), le goût ancestral de l’effort physique et du sport (La Lucarne), le sens inné de l’éducation morale (Victor), le tout concentré dans cet effort désespéré de tout un pays pour se construire une image positive et faire preuve d’ « Imagi.Nation » autour d’une Exposition Nationale (Le Rêve de Malraux), nouvelle qui offre emblématiquement son titre à l’ensemble du recueil.

Gilbert Pingeon - Le saut de l'ange

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L'espace d'une nuit, deux voix monologuent. Celle d'une morte, soustraite vivante au monde de la réalité, et celle d'un vieil homme qui a traversé le siècle et survit, fantôme caustique d'une époque révolue, avec, rivée au corps, l'énergie intacte de ses révoltes et de ses fantasmes. Leurs messages, à la fois uniques et désespérés, tentent de s'incarner dans la personne d'un fils imaginaire – ou réel? – qui prolongerait ainsi leur existence.

Gilbert Pingeon - Leçon d'oubli

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Surpris par la facilité avec laquelle un être vivant peut disparaître - autrefois, pendant la guerre, son père; aujourd'hui, son chien - Léopold Borde décide d'effacer à son tour une existence à la dérive: la sienne. Rude tâche. La cité veille. On ne quitte pas si aisément le meilleur des mondes. Les gens bien intentionnés se métamorphosent en gardiens et, à chacune de ses fuites, ramènent le fuyard au bercail. A ce jeu-là, Marie, sa femme, n'est pas la moins acharnée. Portrait comique d'une névrose, le récit s'achève en clin d'œil par l'escamotage définitif du héros, dans la plus pure tradition de la famille Borde.

Gilbert Pingeon - Été 76

Comment résister à toutes les pressions lorsqu’on est en grève pour lutter contre une injustice flagrante ?
Comment un jeune bourgeois en révolte contre son milieu peut-il se faire aimer de la classe ouvrière ?
Comment se distinguer dans une épreuve comme le Tour de France quand on est un modeste débutant originaire d’une vallée perdu ?
A cette triple question répondent trois histoires, trois destins, individuels ou collectifs, qui se développent, s’entrecroisent et se rejoignent en une convergence plutôt épique.
Puisée à d’authentiques événements de l’été 76, la fiction, vingt ans après, recrée la réalité et lui donne la dimension ironique d’un roman « populaire ».

Gilbert Pingeon est né le 14 mai 1941 à Neuchâtel. Il vit actuellement à Auvernier et partage son temps entre l’écriture et l’enseignement. A la fois prosateur et dramaturge, il est l’auteur de nombreuses pièces de théâtre, reprises par les Espaces Imaginaires de la radio ou créées en Suisse romande : Bräker, une vie à vendre, Sonatine, Adolphe ou l’inconstant et les Crapauds, dont le texte a paru à l’Aire dans la collection Théâtre suisse. A publié un recueil de nouvelles à l’Age d’homme, Histoire d’un Tunnel. Les Années bleues, premier tome d’une trilogie paru aux éditions de l’Aire en 1994, a reçu un excellent accueil.

Gilbert Pingeon - Les Années bleues

Drôle d’enfance que celle passée dans ces Années bleues, sous la menace d’une guerre mondiale, enfance condamnée à la précocité par la disparition mystérieuse du père! et drôle d’enfant, ce Victor, petit génie en herbe du piano, refusant de grandir parce que le monde extérieur lui est hostile! brimé par une mère possessive, qui reporte sur ce fils unique l’ensemble de ses aspirations déçues, le petit garçon se réfugie dans le fantasme et la musique. Le récit s’achève sur une victoire – celle de la paix sur l’Horreur – et sur une crise d’où l’enfant sortira métamorphosé, non plus jeune Mozart prodige encoconné dans les jupes maternelles, mais écolier, semblable à beaucoup d’autres, prêt à affronter la Vraie Vie.

Emotion et humour éclairent cette plongée dans le monde de l’enfance et permettent d’en goûter, rétrospectivement, toutes les saveurs.